Ile Longue 1914-1919
Ile Longue 1914-1919, le camp de prisonniers

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

« Die Insel-Woche », première série
Article mis en ligne le 7 janvier 2014
dernière modification le 14 avril 2015

par Christophe
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Dès le mois de juin 1915, les prisonniers sont autorisés à éditer un journal de camp en langue allemande. Les intentions et objectifs qui animent l’équipe rédactionnelle sont précisés dans l’éditorial du premier numéro, paru le 20 juin 1915. En voici la traduction française.

Ce que nous voulons

"Le poids de la captivité nous pèse lourd, (cet état) d’être condamné à l’inaction face aux grands événements qui émeuvent notre cœur et notre âme. Et il nous est impossible de soulager cette pression intérieure par une intervention courageuse. C’est ainsi que l’un ou l’autre d’entre nous peut se sentir motivé à se communiquer à d’autres par la voix et l’écriture pour leur faire part de ses états d’âme et ses espoirs. Mais cela aussi nous est rendu impossible à cause de la censure.
Comme il serait souhaitable alors que ceux parmi nous qui en ont la vocation, se décident à fixer sur le papier leurs opinions et sentiments pour qu’eux-mêmes et leurs camarades d’infortune puissent garder en mémoire pour des temps meilleurs tout ce qu’ils ont ressenti et vécu ensemble. Réunir tout cela c’est l’objectif principal de notre hebdomadaire, et nous demandons à tout le monde, selon les moyens de chacun, de donner une suite favorable à cette idée. C’est bien sûr avec plaisir que nous accepterons tout récit, convenablement mis en forme, de moments drôles et rafraîchissants.
Tout ce qui peut servir, aux auteurs comme aux lecteurs, de passe-temps et de divertissement : textes en prose ou en vers, reportages sportifs, blagues et petites annonces, des contributions de toutes parts - nous voulons réunir tout cela dans notre revue en demandant aux camarades de nous dédommager pour nos peines et dépenses par leur collaboration assidue.
"

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La « Une » du premier numéro de Die Insel-Woche.

Les moyens techniques dont disposent les prisonniers pour rédiger et publier leur journal sont encore assez rudimentaires. C’est ainsi que tous les textes sont écrits à la main (souvent dans l’écriture allemande dite « gothique ») et, à défaut d’une imprimerie, la reproduction se fait par hectographie.

Concernant son contenu, « Die Insel-Woche » de la première série porte l’empreinte d’une certaine désunion parmi les rédacteurs. Tandis que les uns semblent croire que leur devoir consiste à encourager leurs camarades d’infortune par des paroles nationalistes et une attitude polémique à l’égard des autorités françaises, les autres se montrent plus pacifiques, se fiant d’avantage à la force des valeurs humanistes et culturelles. Visiblement, ce second courant n’est pas en mesure de contrebalancer le premier car « Die Insel-Woche » est interdite, suite à des différents ion du camp. Voici, dans son intégralité, la Décision du Commandant Alleau du 28 janvier 1916, précisant les raisons de cette interdiction :

 »Abusant de la faveur qui leur a été accordée de rédiger un journal de camp, les prisonniers ont pris pour prétexte une question de distribution de pain pour se livrer, dans un article du dernier numéro de journal en question, à une critique écrite d’une encre fielleuse et dans un esprit d’indiscipline et d’orgueilleuse insolence bien affirmée sur la manière dont les Français comprennent l’humanité et excitent la haine pour le prisonnier allemand. Cet état d’esprit prouve que le régime des faveurs doit prendre fin au camp de l’Ile Longue. La conséquence, comme première mesure, l’auteur responsable de l’article visé ainsi que l’imprimeur du Journal sont punis de 15 jours de prison dont 8 de cellule. Le journal du camp est interdit ; le matériel servant à son impression sera saisi et détruit ; les représentations théâtrales sont interdites ; les réunions d’étudiants, dont la raison donnée était l’étude, sont interdites ; les locaux mis à disposition des prisonniers dans les buts désignés ci-dessus, seront rendus à leur destination réglementaire. L’adjudant - major assurera l’exécution de cette décision. »

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Décision du Commandant Alleau du 28 janvier 1916

La raison de cette interdiction est l’article « Hygiene - eine Kulturbedingung » (« L’Hygiène - condition préalable à la culture »), paru au numéro 30 du 23 janvier 1916 du journal « Die Insel-Woche », article cité intégralement dans le journal intime de Xavier Rimmelin, p. 31. Le commandant Alleau n’a pas tout à fait tort quand il dénonce « ...un esprit d’indiscipline et d’orgueilleuse insolence bien affirmée... » de la part des prisonniers. Ceux-ci, par contre, avaient faim et l’enjeu n’était pas moins que leur pain quotidien.

Comment expliquer qu’un journal de camp censuré ets frappé par une interdiction ? Cette mesure disciplinaire pose la question du mode de fonctionnement et de l’efficacité de la censure. Cette dernière, n’avait-elle pas la tâche de détecter les articles considérés comme inconvénients avant leur parution pour empêcher que les lecteurs en prennent connaissance ?
La même question se posera à l’occasion de l’interdiction (définitve, cette fois-ci) de « Die Insel-Woche », 2ème série.

Il serait intéressant d’obtenir des renseignements sur la personnalité des deux responsables d’édition de cette première série du journal de camp, à savoir les prisonniers H. Schuett (numéros 1 à 10) et Robert Rümmler (à partir du numéro 14). De Robert Rümmler nous disposons quand même de ses données de base (voir liste complète), mais c’est bien peu. En ce qui concerne H. Schuett, par contre, malencontreusement et sans pouvoir l’expliquer, nous ne trouvons aucune trace de lui dans les listes administratives.

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