Ile Longue 1914-1919
Ile Longue 1914-1919, le camp de prisonniers

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

Esprit d’un témoignage
Article mis en ligne le 25 janvier 2015
dernière modification le 14 avril 2015

par Christophe
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Les pages hebdomadaires de ce journal nous permettent de connaître les conditions de vie des prisonniers, leurs occupations, leurs activités artistiques, théâtrales, sportives…, mais elles reflètent aussi le climat psychologique du camp et les états d’âme des prisonniers.
Comme il l’a déjà été dit, le journal « Die Insel-Woche » existe successivement en deux séries (1ère série : juin 1915 au janvier 1916. 2ème série : avril 1917 à mai 1918) qui présentent des différences quant à leur esprit et leurs objectifs. Nous nous intéressons essentiellement à la deuxième série. Car, plus que la première série, elle est l’œuvre de rédacteurs fermement attachés aux valeurs morales et culturelles de notre civilisation. Il s’agit d’un groupe d’hommes décidés de se battre contre les risques de la captivité qu sont la déchéance, le désespoir et la perte de la dignité humaine.

Si la plupart de ces hommes ayant contribué à la revue sont restés dans l’anonymat, nous connaissons les noms des initiateurs et responsables dont les personnalités ont fortement marqué cette grande œuvre. Il s’agit du directeur de la publication (« Herausgeber » en allemand) Edmund Kowalski et des deux rédacteurs en chef successifs Gustav Tschentscher et Friedrich Hommel.

La question se pose de savoir si la revue est un témoin fiable quand il s’agit de mesurer les difficultés et problèmes tant matériels que psychiques que peuvent rencontrer les prisonniers, étant donné l’existence d’une censure stricte, sévère, méticuleuse et pratiquement sans faille, s’efforçant d’empêcher toute expression de mécontentement, de critique, de polémique (2). D’ailleurs, du fait de cette censure, le lecteur se trouve confronté à une surprenante contradiction. D’un côté les circonstances dramatiques de la mise en captivité des internés - la capture d’un paquebot neutre (3) et la mise en captivité de centaines de passagers civils, le caractère illégal et « injuste » de cette captivité – des circonstances qui devraient aboutir à des manifestations de colère, à des polémiques, à de l’amertume. De l’autre, l’image d’une vie paisible, harmonieuse, presque idyllique que reflète la revue.

Seule une lecture « entre les lignes » semble dégager la vraie réalité de cette vie de prisonniers, une vie souvent marquée par la tristesse et le désespoir – des états d’âme « négatifs » justement que la revue s’efforce de combattre, non pas évidemment pour faire le jeu des autorités du camp mais pour alléger le poids de la captivité en apportant aux prisonniers les forces morales facilitant leur adhésion aux options d’une vie civilisée contre celles du désordre, de la déchéance et du désespoir, pour les aider à supporter une promiscuité imposée et, tout simplement, à survivre dans la cruelle incertitude de leur destin. Poursuivant cet objectif avec persévérance, l’équipe de rédaction réussit à réaliser une œuvre qui, compte tenu des difficultés de la vie de prisonniers, paraît admirable par sa haute tenue humanitaire, morale, artistique et poétique.

Traité de l'Elysée

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