Ile Longue 1914-1919
Ile Longue 1914-1919, le camp de prisonniers

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

L’écrivain hongrois Aladar Kuncz
Article mis en ligne le 23 mars 2013
dernière modification le 26 décembre 2013

par Bernard
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Aladar Kuncz est né le 1er janvier 1886, dans la ville hongroise d’Arad. Après une formation au collège de haute culture « Eötvös », il enseigne la littérature dans un lycée de Budapest. A de nombreuses reprises il séjourne en France, à Paris ou en Bretagne. C’est à Carantec, près de Morlaix (Finistère), qu’il est surpris par l’ordre de mobilisation, le 1er août 1914. Dans l’incapacité de quitter le territoire le premier jour de la mobilisation, il est contraint de se signaler à la police française.

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ordre d’évacuation d’Aladar Kuncz établi le 6 août 1914

Obéissant à la sommation de se présenter à la gare d’Evry le 15 août, il est déporté vers Périgueux et interné : d’octobre 1914 à juillet 1916 sur l’île de Noirmoutier puis à l’île d’Yeu jusqu’en avril 1919. Curieusement, le retour vers la Hongrie l’amène à l’Ile Longue, du 26 avril au 15 mai 1919.

Au début de sa captivité à Noirmoutier, en novembre 1914, il écrit au préfet de la Vendée pour échapper à l’internement :

Monsieur le Préfet de la Vendée,
Le soussigné, sujet hongrois, je vous prie très humblement de vouloir bien de m’accorder la permission de loger en ville.
A Paris au commencement de la guerre j’ai eu l’honneur d’obtenir un permis de séjour de la Préfecture, mais puisqu’on m’a dit au commissariat que notre évacuation a pour but de nous transporter à la frontière d’un pays neutre, je suis parti aussi avec les autres le 15 août à Périgueux, d’où nous étions transportés ici à Noirmoutier.
Mon permis de séjour et une lettre de recommandation de M. Liard, vice-recteur de l’académie de Paris que j’ai dû laisser au commissariat de Périgueux, provient que j’étais considéré à Paris comme un admirateur très humble de la culture française. Je peux certifier en outre avec les autres certificats et lettres de recommandation que j’ai sur moi, que depuis que je suis professeur au lycée à Budapest et rédacteur correspondant des plusieurs journaux, je ne voulais que faire connaître et populariser ainsi dire chez nous l’esprit français. J’ai passé toutes mes vacances en France pour étudier les anciennes relations entre la France et la Hongrie, que je peux prouver avec mon dernier livre dont un exemplaire j’ai sur moi. C’est ainsi que je suis venu cette année aussi en France et après un séjour à Paris, je suis venu en Bretagne où me trouvait la déclaration de la guerre. Je ne veux pas mentionner ici mon activité dans les cercles français de Budapest et dans un nouveau parti de l’opposition qui voulait donner une autre direction à notre politique des affaires étrangères, sans pouvoir la prouver.
Je vous prie beaucoup, Monsieur le Préfet, de ne me méprendre si je me sens d’être contraint de parler de ce que j’ai fait. Je sais bien combien le peu compte cela et que c’était avant tout un plaisir à moi et ma conviction, qui ne peuvent prétendre aucune récompense. Je n’écris tout cela que pour faire sentir combien je souffre en me trouvant dans un état d’inactivité démoralisante, déclassé et séparé de tout ce qui me signifie la vie même et pour comble, pris comme n’importe quel allemand.
Monsieur le Préfet, je ne vous demande que de m’accorder la possibilité de travailler sans être dérangé des bruits continuels, en ayant une chambrette à moi, à mes frais.
Il y a ici trois autres professeurs hongrois, qui se trouvent dans la même situation que moi, MM. André Németh, Simon Neufeld et Jules Soltész. Permettez-moi, Monsieur le Préfet, d’adjoindre leurs demandes de loger en ville, à la mienne. Ils sont venus en France pour passer leurs vacances, en ayant les mêmes sentiments pour la France, que moi.
J’espère donc, monsieur le Préfet, en votre cœur noble et je renouvelle notre demande avec les meilleurs auspices, en vous priant de recevoir les sentiments les plus distingués
De votre serviteur très humble
Aladar Kuncz
Docteur ès lettres
Noirmoutier, le 27 nov. 1914

Aladar Kuncz, profondément déçu par les manifestations de haine dont il fait l’objet, avec ses camarades de captivité, de la part d’un peuple dont il admirait tant la littérature, immortalise ses cinq années de captivité dans « Le Monastère noir », publié en 1931 et traduit en Français en 1937. L’une des dernières pages apporte un intéressant témoignage sur le camp de l’Ile Longue.

Archives départementales de la Vendée, cote 4 M 302

Traité de l'Elysée

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