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le camp d'internement 1914-1919
Le camp d’internés 1914-1919

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

Les baraques de type « Génie »
Article mis en ligne le 15 janvier 2019

par Gérard
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Baraques du type « Génie » construites en réalité

Lorsque les hommes arrivent à l’île Longue, une douzaine de baraques sont en construction pour les internés [1]. Cinq d’entre elles sont disponibles, et les autres le seront fin novembre. D’ici là, environ 650 personnes internées seront transférées du « Charles-Martel » à l’île Longue. Les baraquements sont occupés dans les premiers mois par 60 hommes chacun [2]. Ce n’est que lorsque d’autres baraquements seront terminés que l’occupation sera réduite à 40 hommes ; et à 34 ou 36 hommes à partir de 1917 [3].

Coupe à travers de une baraque de type « Génie »

Les baraques sont disposées par paires en deux rangées parallèles. Une baraque de type « Génie » a une longueur de 24 m, une largeur de 5,20 m et une hauteur de 3,50 m. Elle est construite à 50 cm au-dessus du sol. C’est une construction simple sans fondation ni dalle, simplement ancrée dans le sol. Les 11 cadres d’une baraque sont disposés à des intervalles de 2,40 m. Le toit à 25° et les parois extérieures, inclinées d’environ 12° vers l’intérieur, sont en planches avec de longues planches sur joints sans recouvrement disposées bout à bout ; le toit est recouvert de carton bitumé supplémentaire. Le revêtement des murs extérieurs est goudronné, mais ne résiste ni au vent ni à la pluie. Afin d’éviter que l’eau de pluie ne tombe des murs extérieurs inclinés, des gouttières, d’abord en bois, puis en tôle sont installées. L’eau de pluie est en partie collectée dans des fûts situés sur les pignons de la baraque, mais principalement par canalisations dans trois citernes d’une capacité totale d’environ 194 m³. Elle sert d’eau de service et de lutte contre les incendies. Ce n’est qu’à la fin de 1916, après de nombreuses plaintes des internés, surtout auprès de l’ambassade américaine, que la résistance à la pluie et au vent des murs extérieurs a été améliorée par un revêtement supplémentaire avec du feutre de toiture. Les isolants goudronnés que l’on trouve alors en France sont de piètre qualité [4], mais les Américains font pression parce qu’ils craignent des représailles pour les prisonniers français en Allemagne [5].

Construction des structures de baraquements de type « Génie »

Au milieu des deux pignons, il y a une porte surmontée d’une fenêtre qui peut être ouverte. Dans les parois latérales, il y a cinq fenêtres de 80 cm de large et 50 cm de haut. Pour un meilleur rendement lumineux, les fenêtres sont décalées les unes par rapport aux autres d’une travée sur l’autre et peuvent être ouvertes. La surface au sol d’une baraque n’est pas tout à fait de 125 m² ; le volume est d’environ 352 m³. De porte à porte mène un couloir central d’environ 1,20 m de large. Des planches sont installées à même le sol. À gauche et à droite de ce couloir, de pignon à pignon, il y a une plate-forme constituée de simples planches placées les unes à côté des autres sur un cadre, appelé « lit de camp », d’une hauteur d’environ 40 cm. Cette construction est extrêmement pratique car le nombre d’utilisateurs peut varier sans équipement supplémentaire. La paillasse typique a une largeur de 60 cm ou 70 cm. Avec une largeur totale de 24 m, jusqu’ à 30 de ces « matelas » peuvent être posés les uns à côté des autres. Et c’est ce qui arrive.

Schéma d’une caserne de type « Génie » - occupation de 60 hommes
Schéma d’une caserne de type « Génie » - occupation de 40 hommes

Les deux plates-formes de pleine longueur couvrent environ 4/5 du plancher, ce qui explique probablement pourquoi on pense qu’on peut se passer d’un plancher dans les bâtiments des internés, d’autant plus qu’un tel plancher allongerait considérablement les délais de construction. Les internés profitent de cette opportunité pour construire une ou deux « caves » sous les plates-formes [6]. Pour permettre aux occupants de ranger leurs effets personnels quelque part – les plateaux ne font que 2 m de profondeur – il y a encore quelques planches au-dessus de l’allée du milieu, qui servent d’étagères (« planches à bagages »). Un petit fourneau à canon au milieu du couloir et deux lanternes de grange complètent le mobilier. Les internés reçoivent un sac de paille pour leur séjour, qui est renouvelé de temps à autre, et une couverture. Il n’y a pas vraiment d’hiver sur l’île Longue, le gel et la neige sont rares et sont plus une question d’heures que de jours. Mais +3° C la nuit et +10° C le jour ne sont pas non plus des températures très élevées, surtout en cas de forte humidité. Le fourneau à canon est mal adapté pour chauffer l’ensemble de la baraque, mais au moins, à l’intérieur, il peut diffuser de la chaleur à proximité immédiate s’il y a suffisamment de combustible. Ce qui n’est pas toujours le cas.

Une baraque sans aménagement, Hellmut Felle l’appelle « La baraque turque »

Dès 1915, des internés civils commencent à rendre leur baraque un peu plus confortable. Les prisonniers de guerre présents à cette époque, mais aussi, par exemple, les Turcs, les Hongrois et d’autres qui ont peu ou pas d’argent à leur disposition et qui ne peuvent pas écrire chez eux parce qu’il n’y a pas de traducteurs appropriés pour la censure [7], sont largement exclus de ces améliorations. L’une des premières mesures consiste à suspendre des plafonds pour diviser une partie de la « plate-forme » [8]. Mais cela n’est possible que si les baraquements ne sont pas encore entièrement occupés.

Baraque du type « Génie » avec aménagements

Si vous regardez le plan d’un niveau d’une baraque, vous pouvez voir qu’avec une occupation de 40 hommes répartis par groupe de 4, il y a deux châssis et une fenêtre par espace. Cela signifie que 4 hommes disposent d’une surface de 2,00 m x 4,80 m = 9,60 m². Si l’on construit des lits et que l’on en superpose deux, il faut prévoir une surface de 2 x 2,00 m x 0,70 m = 2,80 m². Si les lits se trouvent maintenant à droite et à gauche de la chambre, il y a une surface de 2,00 m x 3,40 m = 6,80 m², de l’espace pour une petite table et 4 chaises. Si vous construisez les lits superposés de façon à ce que le lit supérieur puisse être rabattu vers le haut ou vers le bas, vous pouvez créer une sorte de canapé avec les deux sacs de paille.

Le « Salon » de Hellmut Felle

Tous les meubles mentionnés n’existent pas, mais il y a assez d’hommes dans le camp qui savent en construire, l’essentiel est de récupérer le matériel nécessaire. Et c’est exactement ce qui se passe. Pour réaliser les cloisons de ces « cabines », ils utilisent des lattes de bois pour les cadres, recouvertes de toile à sac, puis de papier peint [9]. La porte donnant sur l’allée centrale est coulissante. Un morceau de linoléum est placé sur le plancher. Les matériaux nécessaires pour ces travaux peuvent être achetés à Brest.

Plan d’une caserne de type « Génie » avec des aménagements exemplaires

L’inconvénient de ce concept est la disposition décentrée de la fenêtre et le fait que les lits doivent être rabattus pendant la journée et ne sont pas disponibles à tout moment. Il existe donc une autre variante : la surface de deux espaces est divisée en deux surfaces égales de 2 x 2,40 m x 2,00 m, soit 4,8 m² chacune – un salon et une chambre à coucher [10]. Ici aussi, il y a quatre résidents qui partagent les chambres. La chambre à coucher a un lit double superposé avec une profondeur de 0,70 m à gauche et à droite, c’est-à-dire qu’il y a une distance d’environ 1,00 m entre les lits. Il y a un peu moins d’espace quand ils veulent tous les quatre se coucher ou sortir du lit en même temps, mais le concept original de la baraque sans cabine n’offre pas plus d’espace non plus. La salle de séjour est un peu plus petite que la chambre individuelle, mais elle comporte une petite table et quatre chaises ou une petite table, deux chaises et une sorte de canapé. Un grand avantage de la solution à deux pièces est de séparer ceux qui ne veulent pas encore dormir, de ceux qui sont couchés et qui ne sont ainsi pas dérangés.

Xaver Rimmelin dans son « salon/chambre à coucher »

Mais il y a un inconvénient crucial : l’une des deux cabines n’a pas de fenêtre. Sauf si vous construisez vous-même une fenêtre et sciez un trou approprié dans le mur de la baraque [11]. Ceci est bien sûr interdit et puni. Mais même la punition ne les empêche pas de le faire – les trous correspondants sont réalisés et un jour une baraque a huit ou dix fenêtres au lieu de cinq sur le côté. Les vitres des fenêtres peuvent être fournies par vos soins [12].

Au fil du temps, le nombre de personnes internées par baraque est passé de 40 à 34 et dans certains cas même moins, de sorte qu’une ou deux baraques peuvent même comporter une « chambre individuelle ». La direction du camp tolère enfin les fenêtres et l’inventaire d’août 1916 ne se soucie pas des modifications apportées par les internés. C’est certainement bon pour la vie du camp, car les « chalets » offrent un lieu de retraite d’une communauté forcée nombreux et contribuent ainsi à prévenir les révoltes dans le camp. La direction du camp en est bien consciente.

Xaver Rimmelin devant sa fenêtre à la table à manger avec une lampe faite maison

Probablement à l’automne 1915, c’est-à-dire après presque un an de construction, 60 baraques de type « Génie » sont construites, ainsi que toutes les autres baraques nécessaires au bon fonctionnement du camp (cuisines, toilettes, latrines, douches, lavoirs, buanderies, bâtiments administratifs, quartiers des gardes, cantines, écuries, magasins, etc.) ainsi qu’une infrastructure technique complète (approvisionnement en eau, eaux pluviales, eaux usées, etc.). La majeure partie du travail est effectuée par les personnes internées elles-mêmes qui sont de plus en plus aidées dans ces tâches par des prisonniers de guerre.








< Le camp | Les baraques « Adrian » >


Notes :

[1Hermann VON BOETTICHER : Erlebnisse aus Freiheit und Gefangenschaft, S. Fischer Verlag Berlin, 1919, page 100

[2Hermann VON BOETTICHER : Erlebnisse aus Freiheit und Gefangenschaft, S. Fischer Verlag Berlin, 1919, page 100

[3Xaver RIMMELIN : Journal, Transcription de l’archive du journal allemand (DTA)

[4Camp des Prisonniers de l’île Longue : Inventaire des immeubles et meubles appartenant au Génie militaire et existant dans le camp ou ses dépendances à la date du 16 Août 1916, Archives départementales du Finistère

[5Didier CADIOU : Un Camp d’Internement sur l’île Longue 1914-1920, Avel Gornog N° 5, Juin 1997

[6Paul MADSACK : Vae Victis – Meine Erlebnisse in Spanien und Frankreich während des Weltkrieges, Klinkhardt & Bier-mann Leipzig, 1918, page 246

[7Colonel Armin MÜLLLER Dr Edmond LARDY, Rapport sur le camp d’internement des Allemands et des Autrichiens-Hongrois Ile Longue/Baie de Brest, Brest, 5 juillet 1917

[8Hermann VON BOETTICHER : Erlebnisse aus Freiheit und Gefangenschaft, S. Fischer Verlag Berlin, 1919, P. 127

[9Colonel Armin MÜLLLER Dr Edmond LARDY, Rapport sur le camp d’internement des Allemands et des Autrichiens-Hongrois Ile Longue/Baie de Brest, Brest, 5 juillet 1917

[10Hellmut FELLE : Fünf Jahre hinter Stacheldraht, P. 127

[11Xaver RIMMELIN : Journal, Transcription de l’archive du journal allemand (DTA) ; Hellmut FELLE : Fünf Jahre hinter Stacheldraht, P. 128

[12Récépissé de livraison Herbert Ganslandt


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