Ile Longue 1914-1919
Ile Longue 1914-1919, le camp de prisonniers

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

Max Pretzfelder - Le camp « désiré » et l’évasion
Article mis en ligne le 24 août 2016
dernière modification le 5 octobre 2016

par Ursula
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Auteur : Ursula, traduction : Ursula et Bernard

Max Pretzfelder est l’un des artistes qui ont particulièrement influencé la vie culturelle sur l’île Longue. Dans les Archives départementales du Finistère se trouvent des documents au sujet de son activité artistique au cours de son internement. Nous avons trouvé des traces de lui de cette période dans d’autres archives et musées : au Deutsches Historisches Museum à Berlin, à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, au Deutsches Miltärmuseum, aux Bundesarchiv-Militärarchiv à Freiburg, à la Beinecke Library, à l’Université de Yale ; à la Deutsche Kinemathek (Nachlaß G. W. Pabst) à Berlin, à la Deutsche Nationalbibliothek de Leipzig.

Dans la collection relative à l’écrivain Karl Wolfskehl détenue aux Deutsches Literatur Archiv de Marbach (Bavière) se trouvent de lettres rédigées par Max Pretzfelder, ainsi qu’un texte « Novelle Flucht » (Récit d’évasion) illustré de quatre croquis illustrant son évasion du camp en 1919.

Ces documents sont à la base de notre description de son séjour sur l’Île Longue. En ce qui concerne la publication, nous n’avons pas réussi à retrouver les détenteurs de droits, malgré des recherches approfondies. Si des droits existent, leurs détenteurs sont priés de prendre contact avec l’auteur.

Vorderseite der Postkarte von Max Pretzfelder an Karl Wolfskehl aus dem Internierungslager Île Longue vom 14.05.1918
Front of a postcard written by Max Pretzfelder in the Île Longue internment camp to Karl Wolfskehl, dated May 14, 1918
Deutsches Literatur-Archiv Marbach

Le camp « désiré »

Max Pretzfelder est né le 7 mars 1888 à Nuremberg. Ses parents étaient Julius et Fanny, née Lauder. À 18 ans, il fréquente l’Académie des Beaux-Arts de Munich, puis l’Académie des Arts de Karlsruhe et là il suit les cours du professeur Wilhelm Trübner.

En 1908, il rencontre, à Munich, l’écrivain Karl Wolfskehl. Très rapidement se créée une amitié étroite et durable entre les deux hommes. Grâce à Karl Wolfskehl, qui appartient au cercle George, Max Pretzfelder a accès à la vie culturelle et artistique. De 1910, il entreprend de nombreux voyages, les villes de Florence, Londres, Strasbourg, Marseille, Berlin et Hambourg font l’objet de visites documentées.

À l’été 1914, il se rend à Paris, lieu de rencontre pour les jeunes artistes. Là, il est surpris par la mobilisation et arrêté le 6 août. Max Pretzfelder passe les premières années de son internement au camp de Lanvéoc (Finistère, à quelques kilomètres de l’île Longue). Parce qu’il se sentait de plus en plus mal à l’aise dans ce petit camp, il fait une demande de transfert au camp de l’Île-Longue. Le 4 décembre (1917 ?) il indique à Karl Wolfskehl son espoir d’être bientôt muté dans le nouveau camp. (Max Pretzfelder a écrit cette lettre en français) :

... J’attends avec impatience mon transfert à l’île longue et je souis (sic !) pleine (sic !) d’esperance (sic !) d’y retrouver une vie plus intense, car ici nous souffrons beaucoup de la monotonie d’un petit camp.

Son arrivée exacte n’est pas indiquée dans les fiches d’enregistrement du camp, probablement mi-décembre 1917. Il a été installé dans la baraque 26 (aussi appelée groupe 26). C’est dès le jour de l’an qu’il rapporte ses premières impressions à Karl Wolfskehl :

1er janvier 1918
Mon cher Karl,

Comme vous le voyez, finalement je suis arrivé ici dans le camp longuement désiré. D’autres dimensions, d’autres personnes : d’autres moyens. Il y a ici surtout des marins venant de l’étranger qui ont été pris sur des navires. Comme la masse (1.500 hommes), ils incarnent majoritairement l’uniformité nationale. Il y a des exceptions, mais seulement quelques-unes, douées d’une plus grande spiritualité. En tant qu’homme et aussi en tant que bibliophile je vais rejoindre notre journal de camp, la tête est bien pauvre, mais par moi. Ci-dessous vous pouvez trouver un article par un ancien voisin de Schwäb : Landstraße, le M. prêtre Hommel, dont vous connaissez peut-être le frère. Ce M. Hommel est une personne très délicate et fine et il n’a pas du tout l’air d’un ecclésiastique. Avec lui et quelques autres, nous voulons publier un supplément mensuel pour notre journal « Insel-Woche » afin d’établir un lien entre l’Allemagne intellectuelle d’aujourd’hui et nous. Je vais joindre chaque fois une feuille, une gravure ou une lithographie. Pour produire ce travail purement spirituel, je voudrais vous demander la permission d’utiliser les passages utiles de vos lettres et si vous vouliez m’envoyer directement des messages. Peut-être M. Rilke est-il favorable à cette idée ? Étant donné que cette feuille passe seulement dans les mains d’un groupe choisi et peut être pour nous d’une grande importance, votre aide serait très souhaitable. En particulier parce que le déclin de certaines personnes est à craindre à la longue. Après une longue période de captivité, au plan humain, il est nécessaire de nous préserver pour les relations sociales futures. Bien sûr, je vous envoie tous les éditions de notre « Presse solitaire » qui a peut-être un intérêt bibliophile pour vous. Mon ami Weiss [1] et moi avons déjà monté avec un grand succès un cabaret moderne. Les conditions alimentaires et le logement sont ici moins favorables, mais les environs pittoresques sont stimulants. Nous recevons seulement 200 grammes de pain, mais ce qui nous manque le plus, c’est le tabac et si vous aviez une cigarette pour moi ou quoi que ce soit d’utile, je vous en serais très reconnaissant. Cher Karl, je sais que vous avez aussi beaucoup à souffrir, mais ne sommes-nous pas plus proches grâce à cela ? Donc, veuillez ne pas prendre mal si je fais appel à votre aide pour d’autres personnes. La ruine complète de nos facultés mentales est une menace très proche.
Je pense beaucoup à vous très cher Karl, et aux vôtres !

Avez-vous réellement envoyé le Gundolf-Goethe ? J’ai demandé de m’envoyer tous les livres de Georg en ma possession.

Le 16 janvier Max Pretzfelder rapporte ces bonnes nouvelles également à sa petite amie Maja Bühler, qui a vécu à Karlsruhe.

… Comme vous pouvez le voir, je suis venu dans un autre camp et je suis très heureux de l’échange. Écrivez-moi immédiatement comment vous allez, car je suis très inquiet depuis le raid aérien sur Karlsruhe. ...

Le journal du camp Die Insel-Woche signale déjà dans l’édition de la nouvelle année (numéro 39 du 31 décembre 1917) l’arrivée d’un artiste « connu et apprécié » en Allemagne. Sur la première page de ce numéro est placé un dessin de Max Pretzfelder. Une vignette pour le journal, également conçue par Max Pretzfelder, a tant impressionné les rédacteurs qu’ils l’ont utilisée à partir du 13 janvier 1918 pour plusieurs éditions.

Max Pretzfelder,
Zeitungsvignette Insel-Woche Nr. 42 vom 20.01.1018
Ornamental border, Insel-Woche Nr. 42 dated January 20th, 1918
(Archives départementales du Finistère)

Il est évident que Max Pretzfelder commence à travailler immédiatement et avec beaucoup d’enthousiasme après son arrivée en décembre. C’est le 13 janvier que, déjà, Max Pretzfelder place une annonce dans Die Insel-Woche par laquelle il offre gravures, lithographies et gravures sur bois avec pour sujet « la vie en prison », qu’ il avait déjà préparées au camp de Lanvéoc, y compris probablement le gravure Explosion sur une ville (portefeuilles d’art de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg), qu’il avait créée à la suite du raid aérien sur Karlsruhe le 22 juin 1916.

Au moment de son arrivée il y a déjà d’autres artistes au camp. Ici, nous devons mentionner en particulier Leo Primavesi, un artiste allemand, qui a été arrêté à Anvers le 5 août 1914. Après un court séjour à Dinan, il est transféré à l’Île-Longue. À l’arrivée de Max Pretzfelder, Leo Primavesi travaille déjà pour le journal du camp et pour le théâtre. Au cours de l’année 1918, trois artistes hongrois talentueux sont été déplacés à l’Île-Longue. Ils constitueront certainement un stimulant bienvenu pour Max Pretzfelder : Paul Kovacs (24 février 1818), Paul Beck, aussi appelé Paul Bor Beck (30 novembre, 1918) et Arpad von Késmárky (30 novembre 1918). Des portefeuilles avec des œuvres des artistes, qui sont produites et vendues par l’imprimerie du camp montrent bien comment les artistes se sont mutuellement influencés. [2]

En peu de temps Max Pretzfelder réussit à avoir un large champ d’activités : il dessine ou peint des portraits de ses camarades, il conçoit des ex-libris pour eux, des petites marques de livres personnalisées qui sont si populaires à ce temps-là. Il produit plusieurs lithographies. Ses motifs sont souvent des vues de l’île ou du camp, d’abord parce que le paysage est vraiment pittoresque, mais aussi parce qu’il y a probablement une demande importante pour ces sujets. Mais ses travaux montrent aussi qu’il traite la guerre et la souffrance dans le camp. [3] Il écrit également des poèmes et des textes. Une histoire touchante « L’Aventure impénétrable » se trouve dans les portefeuilles d’art. Max Pretzfelder travaille également pour les diverses activités du camp. Il conçoit la chouette de couverture du livret « L’Enseignement et l’Éducation » et l’en-tête du journal. Il illustre des articles dans le journal Die Insel-Woche et donne des conférences pour « les amis des beaux-arts ». Il est particulièrement intéressé par le théâtre du camp, dirigé par G.W. Pabst. Max Pretzelder conçoit des couvertures de programmes comme « Der Tor und der Tot » (Le Fou et le mort), pièce dans laquelle il joue le rôle du fou. Au fil de temps il se lie d’amitié avec G. W. Pabst – une amitié qui survivra à la captivité.

Max Pretzfelder,
Programmheft der Tor und der Tod vom 10.03.1918
programme bill “Der Tor und der Tod”(“The Fool and Death”), March 10th, 1918
(Archives départementales du Finistère)

Cependant, au cours des mois suivants la situation dans le camp devient de plus en plus difficile. Les internés ont reçu peu de courrier et ils n’ont presque pas de contact avec le monde extérieur. Leur seule source d’information est la presse, parce qu’il était possible d’acheter des magazines et des journaux dans le camp. Ils sont de plus en plus conscients que la guerre est irrémédiablement perdue pour les Puissances centrales et que la probabilité d’un échange de prisonniers est toujours faible. Fin avril 1918 paraît une lueur d’espoir : Les journaux parlent d’une convention d’échange, qui est déjà signée, mais pas encore ratifiée. Immédiatement Max Pretzfelder en informe Karl Wolfskehl.

1er mai 1918
Mon cher Karl
Aujourd’hui nous avons lu dans le journal qu’enfin maintenant on a décidé de laisser les prisonnier civils rentrer chez eux et si je suis chanceux, peut-être que je serai avec vous dans 4 mois ! Je serai de retour comme un homme courageux vivant en bonne santé, et bien physiquement. Je le dois principalement à mon travail. Il est vrai que votre vie est devenue étrange pour moi, nous n’avons presque pas reçu de courrier depuis 3-4 mois. Donc, écrire est assez difficile. Je joins une petite lithographie qui, grâce à une censure clémente, atteindra vos chères mains. C’est la vignette de notre journal que j’ai dessinée. ...

Max Pretzfelder,
Zeitungskopf Insel-Woche Nr. 4 vom 27.04.1018
head of newspaper, Insel-Woche Nr. 4 April 27th,1918
(Archives départementales du Finistère)

Après que l’accord est ratifié au début de mai et que le texte en est publié par les journaux le 12 mai, un avis est affiché dans le camp qui porte cela également à la connaissance de tous. Les internés prévoient en conséquence leur libération à partir du 15 août. La bibliothèque et le théâtre sont fermés et les stocks emballés. Les internés se préoccupent des détails du rapatriement et présentent une liste de demandes et souhaits ainsi par exemple le retour des biens personnels et des avoirs financiers. Ils demandent aussi des détails sur le transport et le voyage. Certains déjà préparent leurs valises. Même Max Pretzfelder essaye d’arranger des choses, entre autres, il envoie une carte postale à Karl Wolsfkehl.

14 mai 1918 Île Longue
Cher Karl ! Dans quelques semaines, je suis avec vous. Vous avez probablement lu la nouvelle de l’échange général ? Je serai probablement d’abord à Munich. Il est possible que des lettres aient été envoyées à votre adresse pour moi, s’il vous plaît gardez-les pour moi. Même vos émotions !
Bien à vous, Max
Meilleurs vœux à Mme Hanna et aux grandes filles

Les internés espèrent et attendent en vain. L’exécution du contrat est sabotée ou retardée. Il est prévu qu’en novembre 1918 les premiers rentrent à la maison. A cause de la capitulation inconditionnelle de l’Allemagne, les Français ne se sentent plus liés par le contrat. Notamment en décembre 1918, les prisonniers sont également encore hantés par la deuxième vague de grippe espagnole, une pandémie que les Américains ont amenée de Brest (environ 700 malades sur environ 2.000 internés). Déception et désespoir se répandent entre eux. La lettre de Max Pretzfelder datée du 1er novembre, 1918 illustre bien l’atmosphère dans le camp.

… Avec nous, on joue chat et à la souris, le train avec lequel je devais aller était prêt – ceinture. Les internés de Lanvéoc sont déjà à la maison. La monumentalité de notre effondrement pend comme un cauchemar sur nos jours de solitude et cependant se trouve là une sorte de libération. Comment nous reverrons-nous, Karl ? Nous pensons que ce ne sera pas avant le printemps.
Nos baraques balancent dans la tempête.
Le renouvellement ou la mort ?
Ceci est le noir et le blanc de la vie. …

C’est probablement la dernière lettre que Karl Wolfskehl a reçue du camp, du moins dans sa collection il n’y a aucune autre lettre de Max Prezfelder écrite pendant l’internement.

Une année de captivité terrible est encore à venir. Au début de 1919, les camps en France sont réorganisés ou fermés, les prisonniers restants transférés également à Île Longue. Trouble, résistance et violence augmentent. Au début de juin il y a un incident tragique, un prisonnier est abattu par un gardien, un autre est blessé. Même lorsque le 28 juin, 1919, le Traité de Versailles est signé, les internés ne sont pas libérés. Le moral dans le camp continue à se détériorer. Le nombre d’évasions et des tentatives d’évasion augmente.

L’évasion

Max Pretzfelder a également l’idée de fuir. Il a dû voir qu’en mai 1919 son ami autrichien G. W. Pabst a reçu la permission de quitter le camp, avec les autres non-Allemands. Parce pour lui la situation est insupportable, il essaye de reprendre sa liberté. Dans la nuit du 30 au 31 août 1919, il fuit en équipe avec Carl Friedrich Ahnert [4] hors du camp. Son intention est de rejoindre sa sœur Lilli, qui vit en Espagne. Cependant, tous les deux sont arrêtés le 2 septembre 1919 à Hendaye, à la frontière espagnole, et emmenés au camp de Garaison dans les Pyrénées. Là, ils doivent passer 30 jours en détention avant d’être remis en liberté.

À propos de son évasion du camp Max Pretzfelder a écrit un texte « Novelle Flucht » (Récit d’évasion) et produit quatre croquis. Il s’est appelé « Georg », prenant ainsi le nom de son ami absent G. W. Pabst.

Max Pretzfelder,
Skizze zum Text Flucht, undatiert
draft of an illustration of the text Flucht (“Escape”), undated
(Deutsches Literatur-Archiv Marbach)

Copie du texte dactylographié écrite (non daté, 8 pages) [5] :

É v a s i o n
Récit par Max Pretzfelder

Le soleil est près de se coucher. Plus bas sur la baie la ligne terrestre violette apparaît. Une brise fraîche souffle sur la péninsule – voilà aussi le clairon pour l’appel du soir. Dans la routine désordonnée des barbelés, le troupeau de prisonniers reflue dans ses baraques , découragés, déçus – un autre jour est passé, qui n’a apporté rien de nouveau, pas d’espoir, pas de fin … Comme toujours Georg quitte le terrain de sport le dernier ; depuis que son ami, l’Autrichien, est libéré par les Français, le retour dans les baraques, si malodorantes, ternes, pleines de bruit et de controverse, lui est particulièrement difficile. Après tout – il a économisé un peu de pétrole et les quelques amis qui sont restés ont reçu leur allocation mensuelle – ce soir enfin on peut à nouveau jouer au poker, et alors, peut-être, ce sera possible, aujourd’hui ! -.-. Müller a dit que demain il sera à l’extérieur du camp avec trois personnes pour apporter le charbon – accompagné par seulement deux gardes – et peut-être serait-il possible que Georg, après avoir passé la deuxième garde au pont-levis, puisse rejoindre le groupe, inaperçu s’il est associé, - mais comment peut-il passer à la deuxième gare, ça serait l’affaire de Georg – probablement assez désespérée – les gardes sont très pointus depuis la dernière tentative qui, naturellement, a échoué – et en conséquence trois soldats français ont été rétrogradés dans la Légion. Et en cas de pluie, l’expédition de charbon n’aura pas lieu, les gardes n’ont pas l’intention de « se faire mouiller pour les Boches ».

Georg camoufle soigneusement sa cabine avec des couvertures empruntées et aveugle la petite fenêtre avec toute la prudence possible. Il éclaire la lampe si astucieuse, dont la partie inférieure était faite d’un encrier et son cylindre du verre d’un tube d’aspirine, duquel le fond a été enlevé, et il la place soigneusement au milieu de la couverture verte. Bergmann vient avec les cartes – fébrile, heureux. Poker ! Lumière ! Secret ! Inderdiction ! …. Olbricht et Pabst se réunissent dans la chambre. Peu après, dans la faible lumière on peut voir seulement des mains avec des cartes presque méconnaissables – chacun essayant de regarder près de la lumière et de ne pas être vu.

Dehors, dans le couloir de la baraque les conversations – que l’on avait entendues si souvent - cessent. La poêle était passée tout autour, et chacun a frit ses pommes de terre en elle – d’abord Hilpert naturellement – Hilpert avec son morceau de viande, que tout met en colère, - puis le marin Karsten, qui doit se servir toujours deux fois, puis Hönig, Levy, Rottmann et les autres, enfin Pit parce qu’il utilise la graisse de singe puante des Américains. Les joueurs ne réalisent rien de tout cela : « deux paires » - « trois neuf » « quinte » et quelques fois « full » accompagné par trois malédictions brutes c’est tout ce qu’ils entendent et qu’ils veulent entendre. Les cartes sont distribuées de nouveau. Georg, qui joue avec peu de chance comme toujours, est soudainement perdu dans ses pensées ; on attend son explication avec impatience – à ce moment-là il le sait, c’est pour aujourd’hui – pour cette nuit – tout est déjà conçu il y a longtemps, jusque dans les moindres détails. Le jeu de cartes est terminé. En partant Georg retient un peu Bergmann. Il lui explique ses plans, lui demande de prendre soin des choses qu’il doit laisser, et lui demande de les lui remettre plus tard, après la captivité. Après cela il est seul – seul avec sa décision. Il met son beau costume, une chemise propre, un col frais. Puis il met les vieux pantalons de velours l’un sur l’autre et deux paires de chaussettes de laine sur les chaussures pour faire peu de bruit. Après avoir enfilé le vieil imperméable, et avoir tiré le chapeau de sport en toile vers le bas sur son visage, il supprime le peu de lumière et prudemment sort hors de la baraque. Une fine brume semble favoriser son plan, alors il se glisse lentement jusqu’à la cantine, où déjà il se couche sur le sol afin de ramper en avant doucement jusqu’à la première ligne de barbelés. Il connaît exactement l’endroit où le fil est un peu plus lâche, il le soulève là et le pousse lentement vers l’avant. Il a déjà atteint la voie qui est aménagée pour les patrouilles de la garde, quand il entend l’arrivée d’un garde français. Il n’ose pas respirer, même pas retirer la main que le Français, avec ses pattes lourdes, aurait presque piétinée. … Puis le bruit des pas lourds disparaît, le chemin est traversé avec difficulté, Georg rampe en avant et à travers le deuxième réseau de barbelés. Il fait déjà très sombre et lentement il pousse sa main vers l’avant – soudain, il la retire – il a mis la main dans un tas, les gardes utilisent ce coin pour leurs besoins ! Un moment le sentiment de dégoût, - puis il se dit : « Cela va me porter chance » … Le petit triangle est franchi, puis encore une fois de nouveaux fils de fer barbelés. Il réussit, ruisselant de sueur – il est alors hors du camp, en plein champ. Dans une flaque d’eau, il se lave ses mains. Le brouillard est transformé en pluie légère, si la pluie continue jusqu’au matin le wagon de charbon ne viendra pas, ni la chance de courir derrière pour surmonter le difficile passage du pont-levis – et le retour ? Retour impossible ! Arrestation immédiate et lourde peine de prison, les visages moqueurs des camarades et la vieille misère infinie, sans fin qui devrait commencer à nouveau ! … Non, il prit un profond souffle – il va surmonter ça ! Jusqu’à la frontière espagnole, où sa sœur l’attend ! ...
La pluie tombe plus fort, et en évitant la route qui conduit au pont-levis, il se traîne à travers le sol lourd des champs jusqu’aux murs hauts pour attendre l’approche de la voiture de charbon dans les buissons. La pluie semble cesser progressivement, et déjà à l’aube, Georg peut voir là-bas le mur du quai allongé, reliant la péninsule au continent.

Au milieu se trouve la guérite du garde qui se promène de haut en bas sur le quai, et de chaque côté il y a des barbelés énormes, jusqu’en profondeur dans la mer. Devant lui se trouve la double paroi à travers laquelle le pont-levis habité conduit, et sur les côtés les falaises plongent directement sur une plage rocheuse. Au-dessus de lui le camp avec ses poteaux et bâtiments - il doit être très prudent, car c’est avec facilité qu’il peut être remarqué soit du camp là-haut, soit du poste là-bas.

Les heures passent ; la voiture de charbon ne vient toujours pas. Cependant, il a calculé avec précision comment il allait sauter derrière la voiture, parce qu’il savait que Müller détournerait l’attention des deux gardes d’accompagnement. Son inquiétude augmente chaque minute, il faut prendre une décision – avant ou en arrière ? … Devant le pont-levis – le poteau sur le quai – derrière lui la honte d’un fuyard manqué, - de nouveau la vie angoissante des prisonniers.

Max Pretzfelder,
Skizze zum Text Flucht, undatiert
draft of an illustration of the text Flucht (“Escape”), undated
(Deutsches Literatur-Archiv Marbach)

Des lourds nuages se rassemblent et l’apparition soudaine d’une douche de pluie lui apporte la certitude qu’il ne faut plus attendre la voiture de charbon. Peu à peu, la pluie est si violente que Georg est trempé jusqu’aux os. Il voit que le garde sur le mur du quai tire le capuchon brun sur sa tête, et tout à coup court le long le mur du quai, passant la guérite et se dirige vers les parois rocheuses de la péninsule où la sentinelle principale de la garde inférieure se trouve. Immédiatement Georg reconnaît l’avantage de la situation – En ce moment le mur du quai est accessible ! Comme il est allé, il marche, rampe, glisse directement de la haute falaise, s’accroche à une racine et se précipite sur la plage rocheuse étroite. … Il est chanceux, car à part de quelques bosses et égratignures il n’est pas blessé. Il tire les doubles chaussettes - qui auraient pu limiter l’impact des souliers – et souffle un moment, puis il parcourt la courte distance le long de la plage et escalade le mur du quai. Il pleut encore fortement et Georg marche légèrement le long du quai. Derrière lui se trouve le gare, il le sait, mais n’ose pas regarder autour. Si on l’a vu de là ? - Si on l’appelle : « Halte là ! ». Que doit-il faire ? Son dos donne une cible magnifique pour les armes à feu des soldats, et il n’a pas encore atteint la moitié de la longueur du quai droit ! Si le garde était retourné à la guérite dans l’intervalle et s’était retiré là pour se protéger de la pluie ? ...

Max Pretzfelder,
Skizze zum Text Flucht, undatiert
draft of an illustration of the text Flucht (“Escape”), undated
(Deutsches Literatur-Archiv Marbach)

Il n’y a pas de retour en arrière possible - il s’approche de la guérite, toujours avec le sentiment étrange dans le dos que plusieurs fusils le visent. Mais le gardien n’est pas là ; - il est si tôt, à peu près 8 heures – qui pourrait penser à une évasion d’un prisonnier en plein jour ? Et donc Georg vient jusqu’à la fin de quai ; un autre morceau droit de chemin encore, et il ne sera plus visible une fois à la courbe.

Max Pretzfelder,
Skizze zum Text Flucht, undatiert
draft of an illustration of the text Flucht (“Escape”), undated
(Deutsches Literatur-Archiv Marbach)

Un agriculteur vient à sa rencontre, et d’après un coup d’oeil suspect, le Breton se décide de le saluer brièvement. En face de lui est la longue route mouillée vers Morgat, d’où il faut traverser la baie de Douarnenez pour atteindre la gare. Quand il se retrouve seul, il se dépouille du pantalon de velours, prélevé sur son beau costume, et le jette derrière un buisson. Ensuite, il avance dans la pluie. Une marche de 2 ½ heures le conduit devant le fort de Crozon, où il a passé les premiers jours terribles de captivité, devant le poste des gendarmes, où les gendarmes guettent avec indifférence par la fenêtre, puis plus bas vers la mer dans le petit village de pêcheurs de Morgat.
Épuisé par toutes ces rigueurs il entre dans un petit bistrot, il commande un verre de vin, puis demande quand le bateau partira pour Douarnenez. Le départ est à quatre heures, et il est probablement midi. Dehors, il a remarqué la police locale ; qui bloque le pourtour de la place, certainement dans peu de temps quelqu’un va-t-il lui demander ses papiers. Donc il demande à l’hôtesse une chambre pour dormir jusqu’au départ du bateau. Et, bien reposé, il redescend vers trois heures. Deux soldats américains, très ivres, sont racolés par quelques filles effrontées. Le piano électrique martèle sans cesse, un marin danse avec l’une des putains dont le visage montre les caractéristiques de la maladie de son commerce. Ce sont les premières filles que Georg arrive à voir depuis près de quatre ans ! - Ensuite, il est temps d’aller à bord du petit bateau, dans lequel des agriculteurs bretons, des touristes français et quelques Parisiennes élégantes embarquent aussi. Le tarif est de 28 francs et doit être payé à l’arrivée. C’était beaucoup d’argent pour Georg et il espère une occasion pour économiser de l’argent. - Cette occasion s’offre bientôt. Le petit bateau roule doucement à travers la baie, longeant la plus haute montagne de Bretagne, le Menez Hom, que Georg a vu si souvent au camp dans le soleil du soir. Déjà le bateau approche le port du Douarnenez, et l’inspecteur commence à vendre les billets. Lentement, le bateau glisse dans le port, les pêcheurs et les agriculteurs avec leurs épouses se pressent sur le rivage. Une énorme barque est sur l’avant du bateau, dont le beaupré dépasse de beaucoup. Le barreur du bateau croit qu’il peut passer sous le beaupré avec son petit mât, - mais soudain le haut de son mât touche le beaupré, et le rompt avec fracas. Georg se penche rapidement en avant, mais la pauvre femme paysanne qui était assise à côté de lui et qui a remarqué le désastre trop tard, n’a pas le temps de se sauver, le lourd mât frappe sa tête et, couverte de sang, elle tombe sur le sol. Des cris violents retentissent sur le rivage, l’excitation est puissante à bord … Georg prends soin de la personne mourante et aide à la transporter à terre. Puis rapidement il disparaît : il ne veut pas courir le risque d’avoir à témoigner et il a économisé le 28 francs !
Il fait déjà assez sombre. Georg entre dans un petit hôtel, il s’inscrit comme un Roumain dans le registre, et va rapidement dormir parce que le lendemain, vers huit heures il veut essayer de monter dans le train qui l’amènera à Quimper et, à partir de là, à la frontière espagnole. Après une nuit agitée dans laquelle il revit tout cela, il paie son logement et il se permet de se faire raser avant d’aller à la gare. Son évasion du camp doit être déjà remarquée ; on a probablement averti toutes les gares alentour, qui sont de toute façon sous garde militaire. Horreur, il voit un des gendarmes militaires debout à la billetterie, qui a un regard affûté sur tous les voyageurs. Georg voudrait aller en troisième classe, à cause de ses ressources limitées, mais son instinct lui dit qu’il serait moins visible s’il demandait un billet de première classe, parce qu’il est très bien habillé et son apparence n’est pas typiquement allemande. Et comme cela il profite de l’argent économisé sur le bateau, en réalité le gendarme le laisse passer sans demander ses papiers.
Après un séjour bien court à Quimper et un long voyage long, au cours duquel il a évité toute conversation, il arrive finalement à Bordeaux. Là il faut changer de train pour Irun, ce qui l’amènera à la frontière espagnole ; il est nécessaire de surmonter cette étape difficile de l’évasion avec habilité et un peu de chance, parce que Georg n’a ni passeport ni d’autre document qui pourrait l’aider à traverser la frontière. Longtemps il cherche un compartiment qui pourrait lui donner la possibilité des se cacher sous le banc ou dans les toilettes à l’arrivé à Hendaye, la dernière gare française. Finalement, il trouve un tel compartiment, peu de voyageurs utilisent le train, et il se croit déjà être seul dans la voiture, quand deux vieilles dames y entrent… Il fait une nuit profonde lorsque l’on s’approche de la gare frontière. - Georg espère que les deux dames, qui ont engagé une conversation concernant l’ achat d’une poussette, quitteront rapidement le compartiment de sorte qu’il puisse se cacher loin sous la banquette. Le train s’arrête. Les portes sont grandes ouvertes, sur les marches de l’autre côté les employés incitent les passagers à quitter le train. Les dames se laissent le temps ; elles discutent même de savoir si la poussette doit être noire ou blanche, mais l’agent à l’extérieur demande avec impatience de quitter immédiatement la voiture. Il est trop tard ! Georg doit quitter la voiture, il doit suivre les autres voyageurs qui lentement approchent la barrière, où sont demandés leurs papiers. Le cœur de Georg semble éclater : il est sans des bagages, sans papiers, si proche de la fin. Dehors il peut voir la barrière brillamment éclairée qui ferme la route entre la France et l’Espagne, le pont et, derrière, le tunnel qui est déjà sur en sol espagnol, liberté ... . « Vos papiers ? » lui demande durement pour la troisième fois le garde-frontière. « Toutes ces choses m’ont été volées – ma valise avec passeport et tout – dans le train pour Bordeaux. Le garde appelle un soldat et lui ordonne de conduire Georg au commissariat de police. Le commissaire sourit à l’histoire de Georg et lui dit : « Monsieur, vous êtes probablement venu de camp de l’Ile Longue ? » … Parce que Georg est silencieux, avec consternation, il fait un signe à deux gendarmes de mettre des menottes aux mains des Georg, l’un sort une arme et le pousse vers l’avant, et ils vont à la prison de Hendaye en pleine nuit. En claquant, la porte de fer se referme sur la cellule puante, et Georg tombe sur le lit dur et commence à pleurer. ...

(Dernier chapitre qui a été ajouté plus tard)

Georg passe une nuit triste sous la couverture sale qui se trouve sur le lit. Bretelles, lacets et cravate lui sont pris (de sorte qu’il ne puisse pas se pendre), et l’odeur désagréable du seau rouillé lui cause des nausées. Le lendemain matin, quand le sergent de service ouvre la porte de la cellule et lui demande s’il aimerait commander quelque chose pour le petit déjeuner, parce qu’il a le droit de répondre de lui-même, Georg a déjà, dans une certaine mesure, renoncé. Il demande du café, du beurre, du pain et un verre de cognac, puis il demande au gendarme s’il peut lui offrir un verre. Cela est rejeté à contrecœur, mais il se développe une petite conversation avec l’homme charmant. Parce que Georg aimerait bien sortir de la cellule et aller dans le corps de garde ensoleillé, il demande crayon et papier pour dessiner le sergent. Georg sait prolonger assez longuement la discussion, le portrait également est assez bien réussi, ce qui lui vaut non seulement la sympathie du sergent mais aussi un paquet de tabac. Il le recommande au sergent de relève,que Georg apprivoise également, et qui lui dit qu’il faut attendre les instructions de Paris pour savoir comment procéder avec lui. Donc, Georg passe quelques jours tolérables, jusqu’à ce que les nouvelles arrivent et qu’il soit transféré vers un dépôt à proximité, dans les Hautes-Pyrénées. M. Raoul Dupuis, le gardien qu’il a le premier dessiné, vient avec lui pour voyager vers le nouvel entrepôt ; là il est présenté par M. Dupuis au directeur comme un des « moins crapules ».
Le changement signifie pour Georg de nouvelles personnes, une nouvelle vie et surtout une interruption des années sur la péninsule qui ont pesé lourdement sur lui.…

(Ici se termine le texte)

Max Pretzfelder envoie ce texte avec quatre croquis le 28 octobre 1929 – soit 10 ans après sa libération – à Karl Wolfskehl demandant son conseil. Les deux hommes ont interrompu leur correspondance intensive tôt en 1920 et repris contact seulement à la fin des années 20.

Berlin 28 Octobre 29
Kurfürstendamm 76 IV à Danziger
Mon cher Karl !
Je suis convaincu que nous allons nous rapprocher à nouveau – j’étais tellement désolé que la dernière fois nous nous trouvâmes si proche mais ne pûmes nous voir. Peut-être que j’irai à Munich en décembre quand mon ami Pabst tournera un film sonore là-bas.
Cher Karl, je vous envoie ci-joint mon « ébauche » d’évasion – peut-être pouvez-vous me donner quelques conseils et comment l’utiliser – je l’avoue même : il a été rejeté par Ullstein. Je laisse tout à votre liberté bienveillante, de changer, de couper si vous pensez que c’est bien. Est-ce qu’il est possible de le proposer au « Münchener Illustrierte » ? …

Une autre copie du texte (également non datée, mais sans le dernier chapitre supplémentaire et sans croquis) est dans la succession de Pabst à Berlin.

Il se pose la question de savoir quand Max Pretzfelder a écrit ce texte.

Après sa libération, Max Pretzfelder retourne initialement dans sa ville natale de Nuremberg, puis, au début de décembre 1919, il vient à Berlin où vit sa sœur Anna. Au début de 1920, il suit G. W. Pabst à Prague, où celui a été engagé par le Deutsches Theater pour un an et lui donne un emploi comme décorateur de scène. [6]
Avant Max Pretzfelder est embauché par G. W. Pabst comme créateur de costumes pour ses films (6) il a travaillé à Berlin en indépendant pour des galeries et des éditeurs comme illustrateur et traducteur.

On peut supposer, par conséquent, qu’il a écrit le texte « Évasion » pendant ce temps-là à Berlin – donc au début des années 20, très peu de temps après son retour.

Notes :

[1Karl Weiss, né 24/05/1892 à Berlin, hongrois, dessinateur, était avec Max Pretzfelder à Lanvéoc, probablement se connaissaient-ils déjà à Paris.

[2Dans différentes archives se trouvent des portefeuilles avec des œuvres des artistes, « Blätter aus der Kriegsgefangenschaft » (feuilles de captivité) : Deutsche Nationalbiliothek Leipzig, Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, Deutsche Kinemathek Berlin.

[3Les graphismes Explosionen über einer Stadt (Explosion sur une ville) et une tête de Christ avec la couronne de barbelés se trouvent dans les portefeuilles mentionnés ; le remarquable dessin d’une femme soucieuse avec deux enfants affamés se trouve dans le Historisches Museum Berlin.

[4On trouve dans les archives du camp que Carl Friedrich Ahnert, né le 04/03/1881 à Berlin s’est également échappé la même nuit et a été capturé avec Max Prezfelder à Hendaye.

[5Sur la couverture, la première page du texte, Max Prezfelder a supprimé l’adresse « Berlin-Halensee, Kurfürstendamm 76 IV à Danziger » et l’a remplacée à la main par « Madrid p.a. Dr. Hahn Reyes 23 », l’adresse de sa sœur Lilli, qui vivait avec son mari, le Dr. Livingstone Hahn, en Espagne depuis de nombreuses années et à qui Max Pretzfelder a rendu plusieurs visites pendant les années 20.

[6La biographie de G.W. Pabst, écrite par Hans-Michael Bock, montre que Max Pretzfelder a continué de travailler avec G. W. Pabst : au début des années 30 il va avec G. W. Pabst en France, où celui-ci travaille à la production de films sonores. Comme G.W. Pabst reçoit une offre aux États-Unis à l’automne 1933, il prend Max Pretzfelder avec lui. Pabst revient en 1936 en Allemagne ; cependant, Max Pretzfelder reste aux États-Unis, il dépose une demande de naturalisation en 1935. Il vit à Santa Monica, où sa sœur Anna l’a suivi, et il continue à travailler comme concepteur de costumes. Max Prezfelder meurt le 9 juin 1950 à l’âge de 62 ans.

Traité de l'Elysée

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